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																																<title>Actualités générales / Actualités / Toute l'actualité / IRD - Institut de recherche pour le développement (IRD)</title>
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    <language>fr</language>
			
							

					<item>
				<title>Ces forêts qui érodent</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/ces-forets-qui-erodent</link>
                <pubDate>Wed, 12 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Les exploitations de teck envahissent le nord du Laos depuis une vingtaine d’années. Face à une pression foncière accrue, ces plantations offriraient aux agriculteurs des moyens de subsistance plus pérennes. Mais ces forêts, en condensant dans un espace restreint des arbres en monoculture,&amp;nbsp; génèrent d’importants problèmes d’érosion

1. «&amp;nbsp;Au Laos, nous étudions un bassin versant depuis 1998 où les exploitations de teck se multiplient, explique le pédologue Christian Valentin. Les plantations représentaient 4&amp;nbsp;% du bassin avant 2007. Elles sont passées à 36&amp;nbsp;% en 2014 et devraient atteindre les 75&amp;nbsp;% en 2020&amp;nbsp;! ».Ce développement s’est accompagné d’un abandon des cultures annuelles de riz pluvial (cultivé sur pente, contrairement au riz inondé).&amp;nbsp;Les agriculteurs reproduisent les pratiques traditionnelles sur ces nouvelles exploitations. «&amp;nbsp;Les paysans brûlent traditionnellement le recru de végétation après plusieurs années de jachère, précise l’hydrologue Olivier Ribolzi. Ils procèdent de la même manière avec le sous-bois dans les plantations de teck au bout de trois à quatre années de culture. Leur objectif est d’éliminer les plantes qui pourraient être concurrentes des arbres. Ce brûlis met le sol &amp;nbsp;à nu. Il en résulte une très forte érosion et un important ruissellement.&amp;nbsp;» La structure du sol détruite, la surface&amp;nbsp; s’encroûte et devient imperméable. L’infiltration étant moins importante, les stocks d’eau souterraine se reconstituent plus difficilement et le ruissellement à la surface du sol s’accroît. Le risque de crue rapide et d’inondations s’en trouve exacerbé. &amp;nbsp;


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / C. Valentin                 
					
				
Champ de riz pluvial dans le bassin de Houay Pano, au Laos			
		
                                
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Les impacts négatifs de ce type de plantation sont d’autant plus importants que les arbres, hauts de 15 à 20 mètres, ne protègent pas le sol. Ainsi, les gouttes de pluie qui se concentrent sur leurs feuilles ont une énergie cinétique 50&amp;nbsp;% plus importante que les gouttes non interceptées par le feuillage. Lorsqu’elles impactent le sol, elles agissent comme de petites bombes, détachant les particules du sol&amp;nbsp; qui se trouvent entraînées par le ruissellement. &amp;nbsp;« En transportant ces particules vers les rivières, le ruissellement augmente la teneur de bactéries pathogènes dans les cours d’eau et favorise leur contact avec les populations, relève Christian Valentin.&amp;nbsp;Les plantations de teck sont souvent pointées du doigt comme étant à l’origine de ces problèmes mais au-delà de cette essence elle-même, c’est surtout une mauvaise gestion des exploitations qui est en cause. » Cette problématique se retrouve en effet dans d’autres pays du Sud-Est asiatique avec des plantations d’hévéas ou d’eucalyptus.Comment parvenir dans ce cas à une gestion plus durable ? Les chercheurs préconisent en premier lieu d’arrêter de brûler le sous-couvert forestier. Ce dernier pourrait être renforcé en associant certaines cultures comme l’herbe à balais, la patate douce, le gingembre ou la cardamone. «&amp;nbsp;Ces plantations permettent de maintenir un sous-couvert et d’apporter des revenus supplémentaires aux agriculteurs, souligne Olivier Ribolzi. Il faudra aussi les convaincre d’éclaircir leurs exploitations au fur et à mesure afin que celles-ci soient moins denses. L’enjeu est que ces pratiques soient rentables pour qu’elles soient acceptées. Nous travaillons en ce sens avec nos partenaires scientifiques locaux.&amp;nbsp;»Note 

1. Olivier Ribolzi, Olivier Evrard, Sylvain Huon, Anneke de Rouw, Norbert Silvera, Keo Oudone Latsachack, Bounsamai Soulileuth, Irène Lefèvre, Alain Pierret, Guillaume Lacombe, Oloth Sengtaheuanghoung et Christian Valentin, 

From shifting cultivation to teak plantation: effect on overland flow and sediment yield in a montane tropical catchment, Scientific Reports, 2017.</description>
			</item>
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				<title>Interview : "Insécurités, sociétés et élevage dans le bassin du lac Tchad"</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/interview-insecurites-societes-et-elevage-dans-le-bassin-du-lac-tchad</link>
                <pubDate>Mon, 03 Jul 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Le réseau international Méga-Tchad, de recherche sur l’histoire et l’évolution des sociétés dans le bassin du lac Tchad, tenait récemment son colloque biennal à Nice 

(1). Les travaux de cette 17ème édition étaient consacrés aux &amp;quot;insécurités&amp;quot;, notamment à Boko Haram et aux conflits en Centrafrique. Le géographe Emmanuel Chauvin, co-organisateur de la rencontre scientifique, et l’historien du pastoralisme Dangbet Zakinet, membre de ce réseau transdisciplinaire, reviennent sur cet événement.
&amp;nbsp;&amp;nbsp;Entretien avec Emmanuel Chauvin et Dangbet Zakinet
Comment la recherche peut-elle contribuer à éclairer les programmes de développement, en particulier dans le contexte des insécurités que connait la région du lac Tchad ?
Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 Les recherches en sciences sociales permettent d’améliorer la compréhension des situations d’insécurité. Elles éclairent notamment les enjeux de société à l’origine des menaces sur l’intégrité des personnes. Ceux-ci sont trop souvent appréhendés de façon simpliste, interprétés par une cause unique. En réalité, les enjeux sont complexes et diffèrent d’une situation locale d’insécurité à l’autre. Seule la connaissance fine du terrain, propre au chercheur habitué à travailler dans une société, permet de les démêler. La lecture exclusivement confessionnelle du conflit en Centrafrique par exemple, opposant musulmans de la Séléka et chrétiens des anti-balaka, est erronée. Les enjeux tiennent surtout au contrôle des ressources extractives, pastorales et agricoles et au contrôle politique de Bangui et des grandes villes. Cette compréhension plus subtile de l’origine des violences permet ensuite d’adapter la réponse des acteurs opérationnels de l’humanitaire et du développement.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 De même, les travaux scientifiques éclairent les conséquences des insécurités. Au-delà de leurs effets néfastes déjà bien documentés par les médias, ils mettent en lumière les capacités des sociétés à s’adapter aux menaces, à les contourner, à les déplacer, voire à créer des mécanismes d’innovation pour y faire face. Ces connaissances sur la résilience des populations pourraient être, elles aussi, bien utiles pour guider l’action des opérateurs de développement et des autorités. Actuellement, les projets en ce domaine sont trop souvent standardisés.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Quel est l’enjeu plus spécifique à l’élevage dans ce contexte ?
Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 L’élevage est une ressource essentielle dans toute la région, en termes de production pour le Tchad, le Cameroun et le Niger notamment et en termes d’approvisionnement pour le Nigeria. Les insécurités pèsent lourd sur le secteur. Le contrôle du bétail, de sa production, de sa commercialisation, est en effet une ressource majeure pour les acteurs armés. Par ailleurs, les mutations actuelles du monde de l’élevage constituent elles-mêmes des enjeux de conflictualité, autour de la révolte des cadets sociaux, des relations avec les agriculteurs, de l’armement toujours plus fourni des éleveurs et de l’utilisation du bétail comme capital par les élites politico-militaires. L’impact des facteurs sécuritaires sur l’élevage est devenu supérieur à celui des facteurs environnementaux. Actuellement, les espaces pastoraux, les transhumances et les circuits de commercialisation sont avant tout recomposés par les conflits, bien plus que par la sécheresse ou le changement climatique.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 Deux phénomènes majeurs contribuent à l’insécurité en Afrique centrale, le conflit centrafricain et les violences perpétrées autour de Boko Haram. L’un et l’autre sont sources de grandes difficultés pour l’élevage, pour les nombreuses populations qui en vivent et pour l’économie des pays. L’activité de Boko Haram bouleverse ainsi tout le système pastoral en vigueur autour du lac Tchad. Les pâturages très prisés des îles sont devenus difficilement accessibles et les troupeaux de diverses communautés se trouvent donc concentrés dans des espaces menacés de surexploitation. Les tensions sont vives et attisées par les suspicions mutuelles d’appartenance ou d’accommodements avec Boko Haram. Mais surtout la fermeture de frontières, entre le Tchad et le Nigeria notamment, prive le secteur de ses principaux débouchés commerciaux. Les convoyages doivent emprunter des routes de contournement interminables, où les animaux épuisés perdent une bonne part de leur valeur marchande.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;Quels sont les grands axes sur lesquels la recherche doit se déployer dans cette région à l'avenir, pour mieux répondre aux enjeux locaux ?

Emmanuel Chauvin&amp;nbsp;:
 Tout en gardant la capacité à mener des études de terrain locales, il importe de développer des approches régionales dans les recherches, pour répondre à la dimension transfrontalière des problématiques d’insécurité. Pour cela, il faut favoriser le travail en réseau, entre chercheurs et universités d’Afrique centrale et du Nord. Il s’agira aussi d’inciter les acteurs opérationnels du développement à dépasser eux aussi les approches pays par pays.Au-delà, les questions autour de la place de la mondialisation dans la région, de l’appropriation qui en est faite par les sociétés, des révolutions techniques et technologiques à l’œuvre dans ces espaces, constituent autant d’enjeux de recherche majeurs pour la compréhension des situations locales.Dangbet Zakinet&amp;nbsp;:
 Dans le contexte de crise créé par Boko Haram, les recherches sur les politiques et les pouvoirs locaux, sur le défi démographique que connaît la région, sur la jeunesse, sur les technologies de la communication semblent prioritaires pour nombre de scientifiques. Le contexte d’insécurité est à la fois un obstacle et un enjeu justifiant la mobilisation de la communauté scientifique autour du bassin du lac Tchad.&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
Emmanuel Chauvin                
					
				
Quartier d’éleveurs centrafricains réfugiés au Cameroun pour fuir les coupeurs de route (Meidougou)			
		
                        
	
&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;
Notes ________________
(1) 

https://insecurites.sciencesconf.org</description>
			</item>
					<item>
				<title>Diplomates et scientifiques au chevet de la planète</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/diplomates-et-scientifiques-au-chevet-de-la-planete</link>
                <pubDate>Thu, 29 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Sous l’impulsion de l’IRD et de l’Ambassade de France en Équateur, scientifiques et diplomates ont choisi de se rendre le 29 juin au chevet d’un volcan andin, l’Antisana, qui joue un rôle de sentinelle du changement climatique pour la zone intertropicale et latino-américaine (avec le glacier Zongo en Bolivie).
Accompagnée du Ministre équatorien de l’Environnement, Tarsicio Granizo, une délégation emmenée par le glaciologue Luis Maisincho (INAMHI-IKIAM) et l’écologue Olivier Dangles (IRD), a pu se faire le témoin de la fonte du glacier et de ses conséquences sur la biodiversité et les écosystèmes du&amp;nbsp;páramo&amp;nbsp;mais aussi sur les ressources hydriques.&amp;nbsp;Le Fond pour la Protection de l’Eau (FONAG) et l’Entreprise Publique Métropolitaine d’Eau Potable et d’Assainissement (EPMAPS) ont pu mettre en lumière leurs efforts conjoints de conservation du&amp;nbsp;páramo&amp;nbsp;et la collaboration spécifique avec l’Agence Française de Développement (AFD) et l’IRD sur leurs projets de captation d’eau pour l’approvisionnement en eau de la capitale équatorienne.En effet, dans le cadre d’un projet à grande échelle impulsé par l’IRD il y a plus de 20 ans, avec ses partenaires andins, un réseau de surveillance des variations climatiques, météorologiques, hydrologiques et de mesure du retrait glaciaire a vu le jour avec l’appui en Équateur de l’Institut National de Météorologie et Hydrologie (INAMHI), de l’École Polytechnique Nationale (EPN) et de l’Université IKIAM.Les ambassades des États Membres (France, Allemagne, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Hongrie) et la Délégation de l’Union Européenne présentes en Équateur, ainsi que leurs entités respectives de coopération (IRD, AECID et GIZ) ont&amp;nbsp;choisi d’organiser cette action dans le cadre des Journées Européennes de la Diplomatie Climatique, pour sensibiliser la population aux effets dévastateurs&amp;nbsp;du réchauffement climatique.La science a besoin de l’engagement politique et de la mise en œuvre d’actions appropriées. Dans le contexte de la ratification de l’Accord de Paris par l’Assemblée équatorienne le 22 juin dernier, les diplomates européens et le Ministre équatorien de l’Environnement ont lancé jeudi un appel clair à lutter contre le réchauffement climatique en reprenant le slogan du président français Emmanuel Macron&amp;nbsp; #MakeOurPlanetGratAgain.</description>
			</item>
					<item>
				<title>La socialisation militante des Frères Musulmans dévoilée</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/la-socialisation-militante-des-freres-musulmans-devoilee</link>
                <pubDate>Mon, 26 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Le passage au pouvoir des Frères musulmans en Égypte a mis l'organisation sur le devant de la scène. Ces sources et informations inédites renouvellent la portée des recherches en sciences sociales sur le fonctionnement de la confrérie.
L’actualité politique peut devenir un puissant catalyseur au profit de la recherche. Pour les sciences humaines et sociales, il en va ainsi de la récente période où les Frères musulmans ont été légalisés et ont brièvement exercé le pouvoir en Égypte. &amp;quot;Cette séquence a sorti de l’ombre quantité d’informations sur le mouvement, jusqu’à présent inaccessibles ou même inexistantes, révèle la spécialiste de sociologie politique Sarah Ben Néfissa

1. Ces nouvelles données constituent un précieux matériau pour les chercheurs. Elles permettent d’enrichir la littérature scientifique sur le mouvement, de mettre l’accent sur les particularités de leur socialisation militante et de mieux comprendre les buts et le système de pensée en vigueur dans cette organisation&amp;quot;.


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / S. Robert                
					
				
La place Tahrir, &amp;quot;place de la Libération&amp;quot;, est une des principales places publiques du Caire			
		
                                
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La confrérie est née quatre ans après l’abolition du Califat en 1924.&amp;nbsp; Elle prône l’unité des musulmans et a pour ambition de réhabiliter la dignité et la place de l’islam dans le monde, remises en cause par la domination coloniale. Depuis, en près d’un siècle d’existence, elle connaît une succession ininterrompue de périodes de légalité et de clandestinité. Acceptée dans un premier temps par la monarchie libérale dans le cadre de sa compétition avec le grand parti nationaliste, le Wafd, l’organisation doit finalement gagner la clandestinité en 1948 après l’assassinat d’un haut magistrat et d’un premier ministre hostiles au mouvement. Avec la révolution de 1952, les Frères reviennent en grâce auprès du nouveau régime. Sans parti de masse pour fonder une assise populaire, les Officiers Libres nouent en effet une alliance de circonstance avec la confrérie. Mais là encore, l’idylle tourne court et l’organisation regagne l’ombre après une tentative d’attentat contre Nasser lui-même.Elle revient au grand jour sous Anouar el-Sadate qui l’utilise pour réduire l’influence de la gauche égyptienne et pour pallier au démantèlement de toute la politique sociale étatique. Rendus visibles par leur intense activité de bienfaisance, mais sans vitrine politique légale, les Frères Musulmans deviennent la principale force organisée de l’opposition ces deux dernières décennies. Ils prennent en marche le train de la révolution de la place Tahrir en 2011 et ils capitalisent sur cette dynamique pour remporter les législatives puis la présidentielle de 2012, de justesse. Ils restent au pouvoir un an, avant d’être balayés par un coup d’Etat militaire –&amp;nbsp;approuvé par une bonne part de l’opinion égyptienne&amp;nbsp;-, de retourner à la clandestinité et de subir une intense répression.&amp;quot;Les Frères ont manqué leur rendez-vous avec la société égyptienne, estime la chercheuse. Leur passage à la tête du pays a suscité beaucoup de déception parmi leurs supporters et de défections dans leurs propre rangs notamment parmi leur jeunesse&amp;quot;. De même, les solides liens tissés dans la clandestinité ont tôt fait de se distendre au moment de partager le pouvoir. &amp;quot;Mais surtout, cette rupture dans l’histoire de l’organisation a délié les langues, note Sarah Ben Néfissa. Les dissidents s’expriment désormais, en témoignant auprès des chercheurs ou même dans des ouvrages publiés&amp;quot;. Aux révélations venues de l’intérieur s’ajoutent d’autres sources, avec les fuites dans la presse de toutes sortes de notes et de rapports jusqu’ici inaccessibles, orchestrées par des détracteurs de la confrérie. Utilisées avec précaution par la chercheuse, ces sources&amp;nbsp; permettent d’inscrire l’analyse de la socialisation militante des Frères Musulmans dans le cadre de travaux portant sur la fabrication de «&amp;nbsp;l’homme nouveau&amp;nbsp;» par plusieurs organisations communistes, fascistes et nationalistes en Europe ou ailleurs. En l’occurrence, il s’agit pour les Frères Musulmans égyptiens de fabriquer &amp;quot;les vrais musulmans&amp;quot; dotés d’une foi et d’une fidélité indéfectible envers l’organisation, au service d’une société nouvelle à venir. &amp;quot;D’une certaine manière, la confrérie est autant une secte religieuse qu’un parti politique&amp;quot;, conclut Sarah Ben Néfissa.Note

1. Ben Néfissa S., 

La production du «&amp;nbsp;vrai musulman&amp;nbsp;» par l’organisation des Frères musulmans égyptiens&amp;nbsp;: fidélité et dissidences, Revue internationale des études du développement, N°229, 2017.</description>
			</item>
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				<title>La sécurité routière à l’épreuve des données</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/la-securite-routiere-a-l-epreuve-des-donnees</link>
                <pubDate>Mon, 19 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Au Burkina Faso, comme dans toute l’Afrique, les traumatismes liés aux accidents de la route sont &amp;nbsp;un problème de santé publique souvent négligé. De nouveaux outils de géolocalisation et de suivi des accidentés pourraient permettre d’élaborer des leviers d’action et de prévention.
«&amp;nbsp;Les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 15-29 ans dans le monde, rappelle le géographe Emmanuel Bonnet. Mais en Afrique, ce sujet de santé publique est peu pris en compte. Les données collectées sur les accidents sont rares et peu fiables.&amp;nbsp;» A Ouagadougou, les statistiques de la police nationale et des pompiers coïncident rarement. En l’absence de base de données sérieuse, développer des actions de prévention &amp;nbsp;est difficilement envisageable. «&amp;nbsp;Pour collecter des informations, nous avons expérimenté un système de surveillance des accidents avec sept unités de police nationale

1, poursuit le chercheur. De février à juillet 2015, les policiers ont utilisé un géotraceur et des rapports écrits pour apporter des informations sur la géolocalisation de l’accident, l’âge, le sexe des accidentés et le type de véhicule impliqué. Sur les 2 752 interventions de la police,&amp;nbsp; 1&amp;nbsp;338 personnes ont été blessées et 25 sont décédées. Ces données ont permis d’établir 

une carte des «&amp;nbsp;points noirs&amp;nbsp;» des accidents à Ouagadougou.&amp;nbsp;»


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
INSS/CNRST / A. Nikiema                
					
				
Les infrastructures routières sont inadaptées aux usages			
		
                        
	
Cette carte révèle la localisation des accidents&amp;nbsp;qui ont lieu en majorité dans des quartiers denses (lieux administratifs, marchés, zones industrielles) et sur les axes de sortie et de contournement de la ville. Les conducteurs des deux-roues, 86&amp;nbsp;% des blessés, sont les principales victimes. Ils sont surtout de jeunes hommes qui proviennent des quartiers populaires péri-urbains de Ouagadougou. Plus nombreux que les femmes à circuler, ils sont aussi peut-être plus indisciplinés. Mais au-delà de ces comportements individuels à risque&amp;nbsp;(absence de port du casque, méconnaissance du Code de la route), ce constat révèle des infrastructures routières inadaptées à l’explosion du nombre de deux-roues. La rareté des transports en commun impose à ces jeunes conducteurs de longs trajets pour se rendre à leur travail et les expose davantage aux risques routiers. «&amp;nbsp;Les piétons, 6 % des blessés, sont aussi victimes de la circulation, remarque la géographe Aude Nikiema. Les passages piétons sont pratiquement inexistants ou ne sont pas respectés lorsqu’ils existent. Il est très difficile de traverser les routes. De manière générale, les aménagements de la ville sont porteurs de risques pour ces usagers vulnérables (moto, vélo, piéton).»Cette fragilité est renforcée par les difficultés d’accès aux soins. Les chercheurs ont suivi le parcours des victimes des accidents au service des urgences du CHU de Ouagadougou à travers une enquête téléphonique, à l’admission aux urgences, 7 et 30 jours après leur entrée &amp;nbsp;à l’hôpital. «&amp;nbsp;De nombreux blessés tentent de sortir rapidement de l’hôpital car les soins sont payants&amp;nbsp;: les soins représentent un coût moyen de 150&amp;nbsp;000 francs CFA, soit 5 fois le salaire mensuel moyen d’un Burkinabé, explique Emmanuel Bonnet. Parmi les patients qui suivent des soins en dehors de l’hôpital, un tiers se rend chez un tradi-praticien alors qu’il n’y reçoit pas toujours des soins adaptés pour des traumatismes.&amp;nbsp;Certains reviennent aux urgences un an après leur accident car ils n’ont pas été soignés correctement.&amp;nbsp;»Face à l’exposition inégalitaire aux risques et aux difficultés d’accès aux soins, ces données constituent un élément essentiel dans la prévention et l’amélioration de la sécurité routière au Burkina Faso mais aussi ailleurs en Afrique. La police malienne et les sapeurs-pompiers expérimentent actuellement le même système avec la géolocalisation des accidents à Bamako. La prochaine étape consistera à étudier les axes routiers Abidjan-Bamako et Abidjan-Ouagadougou. &amp;nbsp;« Après la présentation de ces résultats, les équipes de policiers ont été renforcées dans les zones accidentogènes notamment dans les croisements où les feux ne sont pas respectés, souligne Aude Nikiema. En termes d’aménagement, les responsables doivent prendre conscience que les routes anciennes et étroites doivent être adaptées face à la massification de l’usage des deux-roues. Enfin, des informations précises sur les traumatismes permettent d’informer la population des dangers de la route et de mieux les en prévenir.&amp;nbsp;»
Note

1. Emmanuel Bonnet, Aude Nikiéma, Zoumana Traoré, Salifou Sidbega et Valéry Ridde. 

Technological solutions for an effective health surveillance system for road traffic crashes in Burkina Faso, Global Health Action, 2017.</description>
			</item>
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				<title>Des coraux « dopés » au guano</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/des-coraux-dopes-au-guano</link>
                <pubDate>Fri, 16 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Des scientifiques de l’IRD viennent de révéler l’impact méconnu du guano sur le milieu marin et sur les coraux.
Les déjections des oiseaux marins venus nicher sur les côtes ne fertilisent pas seulement les écosystèmes terrestres. Pour la première fois, une étude vient d’établir leur impact sur les milieux marins

1. «&amp;nbsp;Nous avons montré que l’azote contenu dans le guano enrichit localement les eaux marines, explique la biologiste Anne Lorrain, spécialiste de l’écologie trophique et du traçage isotopique. Il est même assimilé par les coraux&amp;nbsp;!&amp;nbsp;».Pour établir cela, les scientifiques de l’IRD ont travaillé autour des archipels d’Entrecasteaux et de Chesterfield, situés respectivement à 230 et 550 km de la Nouvelle Calédonie. Très isolés, inhabités, préservés des pollutions anthropiques susceptibles d’altérer les résultats de l’étude, ces récifs réunissent des conditions idéales pour voir si le guano intègre la chaine trophique marine. Ils sont en effet dans un milieu particulièrement oligotrophe

2 et accueillent de gigantesques colonies d’oiseaux marins. «&amp;nbsp;Ces minuscules îlots concentrent des dizaines de milliers d’oiseaux marins, appartenant à une grande variété d’espèces, qui viennent s’y reproduire, indique le spécialiste de la faune insulaire Eric Vidal. Ils y passent de quelques mois à plus d’une année, et vivent le reste du temps en haute mer dans le Pacifique tropical&amp;nbsp;». Leur présence permanente entraîne l’accumulation d’énormes quantités d’excréments sur les îlots.


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / F. Houlbreque                 
					
				
Coraux contenant de l'azote issu du guano. 			
		
                        
	
Concrètement, les recherches utilisent des marqueurs isotopiques de l’azote contenu dans le guano pour en tracer l’entrée dans les chaînes trophiques marines. L’analyse d’échantillons démontre clairement la présence de cet élément dans les eaux des lagons, mais aussi dans les tissus des coraux adjacents aux îlots. « Les voies par lesquelles les éléments du guano finissent dans l’eau de mer restent à éclaircir, reconnaît la chercheuse. Il peut s’agir de lessivage des stocks accumulés sur les îlots, de percolation via
 des résurgences d’eau douce en mer, de dépôt direct de fientes lors des trajets effectués par les oiseaux au dessus du lagon pour aller se nourrir, voire de tout ça à la fois&amp;nbsp;».Les mécanismes permettant aux coraux d’assimiler l’azote issu du guano demeurent eux aussi à éclaircir. Deux hypothèses existent, voire coexistent. «&amp;nbsp;Ce nutriment peut être intégré par du plancton, à son tour absorbé par les coraux. L’azote peut aussi être capté sous forme dissoute par les zooxanthelles, les micro-algues vivant en symbiose avec les coraux, et mis ensuite à disposition de leurs hôtes&amp;nbsp;», indique pour sa part Fanny Houlbrèque, spécialiste de la physiologie des coraux.L’enrichissement en azote issu du guano bénéficie aux coraux situés à proximité de grandes colonies aviaires. Reste à savoir comment cette contribution affecte la santé des coraux. Elle pourrait contribuer à améliorer leur résistance au phénomène de blanchissement, qui affecte de nombreux récifs coralliens, ou au contraire avoir un impact négatif. Des recherches à venir s’attacheront à vérifier la chose.Notes

1. Lorrain, A., Houlbrèque, F., Benzoni, F., Barjon, L., Tremblay-Boyer L., Menkes, C.E., Gillikin, DP., Payri, C., Jourdan, H., Boussarie, G., Verheyden A., and Vidal E. 

Seabirds supply nitrogen to reef-building building corals on remote Pacific islets. Scientific Reports. 2017.
2. Pauvre en éléments nutritifs.</description>
			</item>
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				<title>Arona Diedhou, nommé président du comité scientifique consultatif de WASCAL</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/arona-diedhou-nomme-president-du-comite-scientifique-consultatif-de-wascal</link>
                <pubDate>Wed, 14 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Arona Diedhiou, directeur de recherche IRD, est nommé&amp;nbsp;président du comité scientifique consultatif de&amp;nbsp;

WASCAL&amp;nbsp;(West African Science Service Centre on Climate Change and Adapted Land Use).Avant cette nomination, Arona DIEDHIOU était le vice-président de ce comité en charge d’apporter un conseil scientifique sur les décisions stratégiques et sur les activités scientifiques pertinentes dans lesquelles WASCAL est engagé.Arona Diedhiou est climatologue et physicien de l’atmosphère au sein de
&amp;nbsp;l'UMR&amp;nbsp;

IGE
&amp;nbsp;. Ses travaux portent sur la variabilité et le changement climatique et la pluviométrique, de la grande échelle à la&amp;nbsp;mésoéchelle. Il est spécialiste du système climatique africain et des changements climatiques dans les régions tropicales .&amp;nbsp;En mars 2017, il a été retenu comme&amp;nbsp;auteur principal pour le Rapport spécial du&amp;nbsp;

GIEC&amp;nbsp;sur &amp;nbsp;les implications d'un réchauffement de 1.5°C (

SR1.5)
.</description>
			</item>
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				<title>Quand le Groenland fond, le Sahel s’assèche</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/quand-le-groenland-fond-le-sahel-s-asseche</link>
                <pubDate>Mon, 12 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>La fonte des glaces s’accélère au Groenland. L’introduction massive d’eau douce dans l’Atlantique pourrait provoquer de très graves sécheresses au Sahel et une crise migratoire.
Deux espaces&amp;nbsp;que tout oppose mais pourtant liés par le réchauffement climatique : le Groenland, terre glacée inhabitée, et le Sahel, zone tropicale densément peuplée. Une étude

1 vient de démontrer que la région sahélienne pourrait connaître une grave crise agricole et démographique du fait de la fonte des glaces du Groenland, accélérée par l’augmentation des températures. Ces travaux se basent sur l’un des scénarios les plus pessimistes du dernier rapport du GIEC

2 où le niveau de la mer augmenterait de 0,5 à 3 mètres d’ici 2100.&amp;nbsp; «&amp;nbsp;Le Groenland fond plus vite que l’Antarctique et l’introduction de cette eau douce et froide en grande quantité dans l’Atlantique ralentit le Gulf Stream

3, explique le premier auteur de l’étude Dimitri Defrance. On observe alors un refroidissement de l’hémisphère Nord qui s’étend jusqu’au Sahara. Au Sud, le golfe de Guinée est plus chaud. Ce différentiel de températures génère un gradient de pression qui empêche la mousson de remonter vers le Sahel.&amp;nbsp;»


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD / D. Rechner                
					
				
Sécheresse au Sahel			
		
                                
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En l’absence de pluies, la région sahélienne s’assècherait et se réchaufferait. La culture du sorgho qui nécessite entre 520 et 600 mm de précipitations annuelles, d’après l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), ne pourrait plus être pratiquée dans ces conditions. Plus de 360 millions de personnes vivant dans ces zones de culture seraient concernées d’ici la fin du 21ème siècle, soit un tiers de la population du Sahel. Dans cette situation, l’exil constituerait une des solutions de survie. «&amp;nbsp;La majorité des migrants climatiques se déplacent généralement à l’intérieur de leur propre pays, détaille le spécialiste des risques côtiers Jean-Paul Vanderlinden. Ils s’installent dans les grandes agglomérations ou les zones côtières. Mais dans ce scénario, le littoral serait érodé par l’augmentation du niveau de la mer. Il souffrirait davantage d’inondations et ne pourrait plus accueillir ces migrants. Ils devraient se déplacer à l’extérieur de leurs pays.&amp;nbsp;»Un autre moyen de lutter contre la sécheresse serait la modification des pratiques agricoles : techniques de paillage pour limiter l’évaporation de l’eau, meilleure gestion de l’eau pluviale, rotation des cultures, modifications du calendrier agricole ou sélection de nouvelles variétés. Par exemple, le sorgho pourrait être remplacé par le mil, plus résistant à la sécheresse. «&amp;nbsp;Les agriculteurs pourraient cultiver des variétés plus résistantes à la sécheresse, souligne le climatologue Benjamin Sultan. Mais ces variétés sont moins productives alors que la population augmentera fortement. Ce type de semences est également peu accessible dans cette région.&amp;nbsp;»Face à ce constat, les chercheurs élaborent des modélisations ciblées, notamment à travers des projets de recherche comme 

Agricora. L’enjeu est d’apporter des outils d’aide à l’adaptation pour les acteurs locaux à travers ces informations météorologiques, agronomiques et hydrologiques. «&amp;nbsp;Le Sahel connaît depuis longtemps des crises climatiques et ses habitants ont développé des techniques d’adaptation qui peuvent être mises en défaut par l’ampleur des changements climatiques à venir, relève Benjamin Sultan. L’objectif est de renforcer ces techniques en facilitant l’accès des acteurs locaux aux informations climatiques et aux scénarios produits par les chercheurs.&amp;nbsp;»Notes

1. Dimitri Defrance, Gilles Ramstein, Sylvie Charbit, Mathieu Vrac, Adjoua Moïse Famien, Benjamin Sultan, Didier Swingedouw, Christophe Dumas, François Gemenne, Jorge Alvarez-Solas et Jean-Paul Vanderlinden. 

Consequences of rapid ice-sheet melting on the Sahelian population vulnerability, PNAS, 2017
2. 

Les quatre scénarios d'évolution des concentrations des gaz à effet de serre (RCP) du dernier rapport du GIEC ont été traduits en termes de forçage radiatif. Le profil RCP 8.5 est le plus pessimiste et a été retenu pour cette étude.
3. Le Gulf Stream est un courant océanique qui prend sa source entre la Floride et les Bahamas et se dilue dans l'océan Atlantique vers la longitude du Groenland après avoir longé les côtes européennes.</description>
			</item>
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				<title>Upwelling et pêche côtière au Sénégal</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/upwelling-et-peche-cotiere-au-senegal</link>
                <pubDate>Thu, 08 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>Un phénomène océanique singulier est à l’origine de la richesse des eaux côtières du Sénégal, selon une récente étude. Les recherches sur les mécanismes océaniques et atmosphériques impliqués fournissent les connaissances pour une gestion durable de cette ressource indispensable à la sécurité alimentaire sénégalaise. 
Le phénomène d’upwelling à l’œuvre sur le littoral méridional du Sénégal, récemment mis à jour, bouscule les théories communes sur le sujet. Ce courant côtier, issu de forces océaniques et atmosphériques, est même tout à fait atypique. «&amp;nbsp;Ses caractéristiques bien particulières en font un précieux allié pour les artisans pêcheurs sénégalais exploitant les eaux côtières&amp;nbsp;», explique l’écologue marin Patrice Brehmer de l’IRD. Avec des spécialistes de l’océanographie physique, il vient de lui consacrer une étude

1 mêlant modélisation informatique et campagnes océanographiques

2.


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            		        
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
IRD - Ifremer, O. Dugornay, Campagne AWA                
					
				
Pirogue remontée sur la plage au retour de la pêche à Dakar. 			
		
                                
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                &amp;nbsp;
                        
	
Le phénomène d’upwelling touche de nombreux littoraux sur tous les continents. Il est principalement lié aux vents côtiers contribuant à pousser l’eau de surface vers le large. Par effet de conservation du volume, celle-ci est logiquement remplacée par de l’eau venue des profondeurs, plus froide et riche en nutriments. «&amp;nbsp;Ce puissant tapis roulant océanique favorise l’enrichissement des milieux côtiers mais aussi hauturiers, puisque l’eau remontée des fonds est à son tour repoussée vers le large&amp;nbsp;», indique l’océanographe physicien Siny Ndoye, premier auteur de l’étude. De fait, les upwellings alimentent la chaîne trophique de zones particulièrement riches, comme celle située au large du Pérou, qui est la plus poissonneuse au monde.«&amp;nbsp;Nos travaux de modélisation de l’upwelling sud-sénégalais ont montré que les remontées d’eau sont d’assez faible intensité et très localisées sur une zone limitée&amp;nbsp;», confirme son collègue Xavier Capet. Ces particularités tiennent à la topographie des lieux, avec une ligne de côte coupée par l’imposante presqu’île du Cap-Vert

3, et aux conditions climatiques propres à l’Afrique de l’Ouest. Paradoxalement, la puissance limitée de cet upwelling s’avère très profitable pour les espèces vivant près du littoral. «&amp;nbsp;Si l’enrichissement du milieu reste modéré, la rétention côtière est importante, explique ainsi Xavier Capet. A la faible intensité du phénomène correspond en effet un transport assez limité vers le large&amp;nbsp;».Concrètement, l’eau froide et les nutriments sont peu repoussés en haute mer et se répartissent le long de la côte à partir du point de remontée. La production primaire issue de cet apport en nutriments profite ainsi à toute la faune marine côtière. «&amp;nbsp;La Petite-Côte, située entre le sud de Dakar et l’estuaire de la Gambie, est une zone de pêche importante, à la fois pour l’activité des artisans sénégalais et pour la sécurité alimentaire du pays. Les nouvelles connaissances, acquises avec cette étude de l’upwelling local au sud du Sénégal, permettront de mieux gérer le milieu et ses ressources&amp;nbsp;», précise Patrice Brehmer. Les recherches sur les océans, sur leurs interactions avec l’atmosphère, sur la faune marine restent autant de priorités essentielles pour accéder aux Objectifs du développement durable.Notes

1. Ndoye S., Capet X., Estrade P., Sow B., Machu E., Brochier T., Döring J., Brehmer P., 

Dynamics of a “low-enrichment high-retention” upwelling center over the southern Senegal shelf, Geophysical Research Letters, 44, 05/2017
2. Campagnes AWA, menée à bord du NO Thalassa de l’Ifremer et campagne Ecoao, Upsen2 menées à bord du NO Antéa de l’IRD.
3. Site naturel où est implantée la ville de Dakar.</description>
			</item>
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				<title>Les Andes, vigie du réchauffement climatique</title>
				<link>https://www.ird.fr/toute-l-actualite/actualites/actualites-generales/les-andes-vigie-du-rechauffement-climatique</link>
                <pubDate>Fri, 02 Jun 2017 00:00:00 +0200</pubDate>
				<description>L'augmentation des températures fait fondre les glaciers andins. Leur disparition à long terme pourrait menacer les zones humides situées en aval, sentinelles écologiques du changement climatique.
Les bofedales
 sont des écosystèmes idéaux pour étudier le changement climatique et son impact sur la biodiversité. Ces zones humides, ou tourbières, de la Cordillère des Andes situées entre 3&amp;nbsp;200 et 5&amp;nbsp;000 mètres d’altitude dépendent des précipitations et des glaciers pour leur apport en eau. «&amp;nbsp;Nous avons étudié l’évolution géographique des glaciers et de ces zones humides entre 1984 et 2011 grâce aux images satellitaires

1, indique le glaciologue Antoine Rabatel. &amp;nbsp;Les glaciers ont déjà perdu 35&amp;nbsp;% de leur surface durant cette période et les zones d’accumulation de neige et de glace ont disparu pour les glaciers situés en-dessous de 5&amp;nbsp;400 mètres d’altitude. Or, ces glaciers contribuent à alimenter les tourbières situées en aval. »En 30 ans, la surface des bofedales
 a cru de 300&amp;nbsp;% en réponse à un flux d’eau fort et régulier provenant notamment de la fonte accélérée de ces glaciers et à l’intensification de la variation interannuelle des précipitations. 


	
    
            
                            
                   

        	    

    		            
            
            
            
            
    

    	        
                                    &amp;copy; 
Bio-Thaw                
					
				
Les zones humides abritent une faune et une flore unique. Ici, un Theristicus melanopis 			
		
                        
	
Mais ce phénomène n’a qu’un temps. Les zones humides déclineront au fur et à mesure de la disparition des glaciers, précipitée par une augmentation des températures pouvant aller jusqu’à 5&amp;nbsp;°C d’ici la fin du siècle, suivant certains scénarios. Environ 85&amp;nbsp;% d’entre elles devraient s’assécher dans plusieurs dizaines d’années et 8,5&amp;nbsp;% s’assècheront à divers degrés dans les années à venir. « Nous ne connaissons pas encore ce point de bascule qui provoquera la diminution de la superficie des zones humides, estime l’écologue Olivier Dangles. Les bofedales
 les plus basses en termes d’altitude seront les premières concernées. Cette situation est préoccupante car ce sont des espaces de biodiversité uniques dans cette zone aride d’altitude. Ils sont également utiles pour les hommes qui y font paître leurs troupeaux.&amp;nbsp;» &amp;nbsp;Outre l’augmentation des températures, les zones humides font aussi face à la surexploitation liée aux activités anthropiques. Traditionnellement, les hommes y amènent leurs lamas. Ils ont progressivement laissé place aux ovins et aux bovins qui détruisent davantage la surface du sol. Améliorer la gestion de ces espaces fragiles constitue aujourd’hui un enjeu déterminant pour leur pérennisation. «&amp;nbsp;L’étude de l’évolution géographique des zones humides constitue un de ces outils&amp;nbsp; de gestion. Grâce aux informations recueillies, nous avons présenté une carte de vulnérabilité de ces espaces aux acteurs locaux, indique Antoine Rabatel. C’est une première étape qui met en lumière un danger. L’idéal serait d’élaborer à l’avenir une gestion plus intégrée des zones humides en prenant en compte les évolutions du climat.&amp;nbsp;»Dès à présent, les éleveurs locaux ont pris conscience de la fragilité de leur écosystème, notamment en période de sécheresse. Ils font paître leurs animaux dans les zones humides à tour de rôle ou installent des barrières de protection pour éviter une dégradation trop importante de la flore.Note

1. Olivier Dangles, Antoine Rabatel, Martin Kraemer, Gabriel Zeballos, Alvaro Soruco, Dean Jacobsen and Fabien Anthelme. 

Ecosystem sentinels for climate change ? Evidence of wetland cover changes over the last 30 years in the tropical Andes, Plos One, 2017.</description>
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